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SOMMAIRE
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Les nacelles élévatrices ou encore PEMP (Plateforme Elévatrice Mobile de Personnes) font partie des solutions les plus fiables pour réaliser des travaux en hauteur. Leur utilisation sécurisée dépend toutefois du respect des règles de conduite. Il faut aussi évaluer le site d’intervention, porter les EPI (Equipement de Protection Individuelle) adaptés et bien comprendre les risques, en particulier ceux liés aux chutes. Ce guide rassemble l’ensemble des informations techniques indispensables pour travailler avec une nacelle en toute sécurité.
Les prérequis indispensables avant d'utiliser une nacelle élévatrice
La conduite d’une nacelle élévatrice nécessite une autorisation de conduite, délivrée par l’employeur. Cette autorisation s’appuie sur trois éléments essentiels :
- la maîtrise du matériel, acquise via une formation adaptée (interne ou organisme spécialisé),
- une aptitude médicale validée par un médecin du travail,
- la connaissance du chantier et des instructions propres au site.
Pour acquérir les compétences nécessaires à la manipulation en sécurité, une formation CACES peut être dispensée au sein de l’entreprise ou par l’intermédiaire d’un organisme spécialisé. Cette formation aborde les notions essentielles : types de PEMP, réglementation, risques, vérifications d’usage, règles liées à la maintenance…
L’autorisation doit être renouvelée régulièrement, en tenant compte de la validité médicale (souvent inférieure à deux ans) et de la réévaluation des compétences (tous les cinq à dix ans selon les machines).
Comment s'assurer qu'une nacelle est conforme aux exigences du travail en sécurité ?
Les normes de conformités nacelles et équipements
Les nacelles élévatrices sont conçues conformément à la norme EN 280, qui définit leur classification, leurs exigences de sécurité et leurs critères de stabilité. Cette norme encadre notamment la conception des PEMP et les dispositifs de sécurité qu’elles doivent intégrer.
Elle distingue également plusieurs groupes de nacelles selon leurs capacités de déplacement :
- GROUPE A1 : élévation verticale, déplacement uniquement en position basse. Il s’agit des nacelles dites « pushs » pour cette catégorie. Le groupe A réunit les nacelles à élévation verticale.
Exemple : Nacelles à mât droit, nacelles ciseaux
- GROUPE A3 : élévation verticale, déplacement possible en hauteur (automotrices).
Exemple : Nacelles à mât vertical, nacelles ciseaux
- GROUPE B1 : élévation multidirectionnelle, sans déplacement en position de travail.
Exemple : Nacelles tractables
- GROUPE B3 : élévation multidirectionnelle, déplacement possible en hauteur (automotrices).
Exemple : Nacelles articulées, nacelles araignées
Vérification avant utilisation
Avant d’être utilisée, une nacelle doit être accompagnée de plusieurs documents obligatoires :
- une notice d’utilisation. Elle indique, entre autres, en détails, toutes les règles de sécurité liées à l’utilisation de la nacelle, les marquages présents, les dispositifs de sécurité, la description de chaque composant, les consignes d’entretien, les données techniques (tableaux de charge)… ;
- les Vérifications Générales Périodiques (VGP). Les nacelles font l’objet de vérifications périodiques générales (VGP), tous les 6 mois pour les machines automotrices selon l’arrêté du 1er mars 2004. Ces contrôles périodiques ont pour objectif de vérifier l’état général de l’appareil selon de nombreux points. Cet examen permet de passer en revue le châssis, les roues, les contre-poids, le groupe de puissance, les flexibles, le poste de commande, la signalétique… ;
- un carnet de maintenance, qui doit être établi et tenu à jour par le responsable de la société propriétaire. Y sont consignées les opérations de maintenance effectuées selon les recommandations des fabricants ainsi que toutes autres opérations mentionnant la date des travaux, les noms des personnes les ayant effectués ;
- un marquage CE, garantissant la conformité aux exigences de la Directive Machines (2006/42/CE). Ce marquage est accessible directement sur la plaque d’identification de la plateforme.
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Très important ! Avant chaque prise de poste, l'opérateur doit effectuer une inspection visuelle complète de la machine. Cela inclut l'état des pneus (gonflage, absence d'entailles), des jantes, des flexibles (absence de fuites hydrauliques, de carburant ou d'électrolytes) ainsi que le bon fonctionnement des commandes, y compris l'abaissement d'urgence ou les stabilisateurs.
La zone de travaux doit être sécurisée par un balisage adapté. L'opérateur doit vérifier l'absence d'obstacles et repérer la présence de lignes électriques, en respectant les distances réglementaires : 3 mètres pour les lignes <50000V et 5 mètres pour celles >50000V. |
Utiliser une nacelle en sécurité : les bonnes pratiques
| Aspect à contrôler | Ce qu'il faut faire |
| Capacité de charge |
Respecter strictement la charge maximale du constructeur (les nacelles récentes disposent d’un dispositif de détection de surcharge). Exemple : un TM12 accepte 2 personnes en intérieur et 1 en extérieur. Ne jamais utiliser la nacelle comme appareil de levage de charges. Consulter la courbe de travail et vérifier la portée maximale pour éviter tout dépassement du déport autorisé. Par exemple, la Lightlift 33.17 n’admettra pas le même poids à portée maximale. |
| Stabilisation & sol | Vérifier que le sol est stable, plan et portant. Utiliser des plaques de répartition pour augmenter la surface portante. Sur terrain irrégulier, privilégier une nacelle araignée. |
| Dévers & pente | Ne pas dépasser le dévers admissible. Tout déplacement modifie le centre de gravité de la machine, ce qui peut accroître le risque de basculement. Une alarme de dévers peut signaler un risque de renversement (exemple : 160 ATJ). Vérifier la pente franchissable (inclinaison maximale franchissable) avant tout déplacement. |
| Accès au panier | Monter uniquement en position basse, en appliquant la règle des trois points d’appui. S’assurer que le portillon est bien fermé avant toute manœuvre. |
| Position de l’opérateur | Garder les deux pieds au fond de la nacelle. Ne jamais utiliser d’escabeau ou d’échelle, ni franchir les garde-corps. Pour information, la conduite au sol est autorisée pour les nacelles araignées, ciseaux électriques Snorkel munies d’une télécommande. Une distance de sécurité de 1m à 1,5m par rapport à la machine doit être instaurée. |
| Vent & météo | La vitesse maximale au vent autorisée pour utiliser une nacelle est de 12,5 m/s. Attention aux matériaux volumineux qui augmentent la prise au vent. |
| Travail en intérieur | Utiliser uniquement des nacelles électriques. Éviter toute émission de gaz dans les espaces clos. |
| Environnement & obstacles | Vérifier les distances de sécurité avec les lignes électriques (3 m < 50V ; 5 m > 50V). Surveiller les obstacles en cours d’élévation |
| Fin de poste | Abaisser la plateforme, replier les stabilisateurs, stationner votre plateforme à son emplacement de stationnement, activer le frein de parking, couper le contact et placer les commandes en position neutre. |
Source : INRS
Comprendre et prévenir les risques de chute hauteur
Les chutes de hauteur font partie des principaux accidents recensés sur les chantiers. Elles sont souvent liées à l’absence de protections individuelles, à une mauvaise utilisation ou au non-respect des points d’ancrage mis à disposition pour les harnais antichute, à un dispositif défectueux ou à une mauvaise prise en compte des risques.
La nacelle représente une protection collective temporaire, mais elle doit toujours être associée à une protection individuelle : le harnais de sécurité.
Le port des EPI
Pour les équipements de protection individuelle utilisés en hauteur, plusieurs normes s’appliquent également :
- le harnais doit être conforme à la norme NF EN 361,
- la longe à la norme EN 354,
- les connecteurs (mousquetons) à la norme EN 362.
Ces références garantissent que les EPI antichute offrent le niveau de résistance et de protection requis. L’ensemble de ces normes, associé à une vérification annuelle du matériel par une personne qualifiée, contribue à sécuriser l’utilisation de la nacelle, aussi bien en termes de conception du matériel que de protection de l’opérateur.
Le harnais, la longe et l’absorbeur : les indispensables
Le harnais de sécurité doit être conforme aux normes CE, ajusté à la morphologie de l’opérateur et relié à une longe de retenue certifiée. Utilisez une longe avec absorbeur si celle-ci dépasse deux mètres. Celui-ci se déploie en cas de chute afin d’amortir le choc, mais augmente également la distance de chute totale, appelée tirant d’air. En conséquence, pour des travaux à faible hauteur ou lors du déploiement d’une nacelle, il est capital de prendre en considération la longueur totale de la longe après déploiement de l’absorbeur d’énergie.
Le tirant d’air doit intégrer :
- la longueur de la longe,
- le déploiement de l’absorbeur,
- la taille de l’opérateur des pieds au point d’attache du harnais,
- une marge de sécurité.
Plus d’informations dans notre article dédié au harnais de sécurité lors de la location d’une nacelle élévatrice.
Légende : Calcul du tirant d’air – Source : Altius.fr
Exemple de longueur d’un tirant d’air :
Longe de 2m + déclenchement d’absorbeur de 1,75m + taille de la personne de 1,80m + marge de sécurité de 0,45m = 6m de longueur totale
En conclusion, nous ne conseillons pas l’emploi d’absorbeur d’énergie, ceci afin d’éviter tout risque d’impact au sol.
La force de choc
C’est l’énergie supportée par la partie du corps au contact du harnais en fin de chute. Afin d’éviter tout risque majeur sur la santé, cette force ne doit pas excéder 600kg. C’est pour cette raison que le harnais doit être parfaitement ajusté à la morphologie de l’utilisateur.
Bonnes pratiques pour éviter les chutes et apprendre à utiliser une nacelle élévatrice en sécurité
Les équipes doivent être formées à :
- identifier les obstacles,
- respecter l’abaque de charge pour éviter tout risque de surcharge,
- identifier les points d’ancrage et rester attachées à ceux-ci, notamment lorsque plusieurs opérateurs travaillent en même temps,
- porter un casque avec jugulaire,
- Porter un gilet haute visibilité,
- interrompre l’intervention en cas de vent trop fort (max 12,5 m/s),
- ne jamais franchir les garde-corps même pour atteindre un objectif proche.
- vérifier que les utilisateurs sont titulaires d’une autorisation de conduite
Sources :
